Simon Walls

From the blog

Am I ready? – Suis-je prêt?

(English translation at the bottom)

Le départ approche… Suis-je prêt ? Peut-on vraiment l’être pour ce genre d’aventure? Dure à dire, effectivement, que veut dire “être prêt” de toute façon. Je suis tellement submergé par les préparatifs que je n’y pense presque pas. La tête se perd plutôt dans les différents scénarios hypothétiques de malchance qui pourrait m’arriver. Qu’est-ce que je fais dans les endroits sans électricité? Le panneau solaire fonctionne ? Combien de temps ? Et si quelque chose brise ? Comment on enregistre ça des drums africains? Et une tribu de vingt personnes qui chantent et dansent en même temps ? Est-ce que j’attire trop l’attention? mes vêtements sont-ils trop voyant? Suis-je crédible? Suis-je assez bon?

J’en passe beaucoup, mais je comprends l’importance de répondre à un plus grand nombre de question possible. Quand c’est le moment de peser sur le bouton “record”, il faut que ca marche, pas le temps de penser à la technique.

C’est l’ivresse des sensations. La maladie de l’intensité.

Cela fait maintenant bientôt un an que je planifie cette aventure. Ce n’est pas ma première (et loin de la dernière j’ose espérer) et je me rends compte que celle-ci sera très différente des autres accomplies, qu’autant j’ai pu en apprendre pendant ma traversée du Canada, j’en ai autant appris pendant mes trois années à Montréal, et j’en apprendrai d’avantage pendant ce six mois en Afrique de l’Ouest. Chaque étape étant une période d’apprentissage continue, sur des niveaux bien différents.

Je dois me préparer à la fin d’un chapitre, un peu comme je l’ai fait pour la traversée, Compostelle, chaque album de musique, la Maison des Jeunes, ou même la Fondation Tim Horton pour les enfants. Je regarde dernière le travail accompli, voyant bien que j’aurais pu faire mieux à certaine décision, mais sans regret de l’avoir fait avec le plus d’intensité et de passion que je pouvais donner.

D’ici le 27 septembre, je devrai mettre un point, changer de ligne, ou deux, ou même changer de page, et commencer autre chose. Je recherche le point de non retour. Celui d’avoir assez d’argent pour vivre mais pas assez pour revenir. À force de faire des aventures du genre, on se rend compte que leurs accomplissements est basés sur l’équilibre entre l’être, son environnement et l’acceptation de sa situation.

La différence c’est qu’à chaque nouveau départ, il y a de plus en plus de pages d’écrites derrière la suivante, un bagage d’une centaine, voir de millier, de pages remplies d’histoire, de leçons, de rencontres, de blessures, d’échecs et de victoires, de soleil et de pluie battante. Des pages supplémentaires qui me suivront et me guideront de façons différentes, dans chacun de mes gestes.

Est-ce qu’un voyage est le même si nous le faisons plus tôt dans notre vie? Ou si nous attendons plus tard ? Ou le moment d’être vraiment prêt? Probablement pas.

Y a-t-il un meilleur moment pour le faire, un meilleur âge, une meilleure saison, un climat politique plus favorable ? Probablement, oui.

Mais pourquoi attendre… Attendre un monde en changement constant pour qu’il soit prêt à nous accueillir dans les situations les plus favorables possibles?

Non merci.

Ma personne aussi est en changement constant. Beaucoup de barrière se sont brisés depuis les années mais beaucoup d’autres se créent. Une sorte de compensation ou de phénomène d’auto-défense du corps question de se protéger un peu. Alors quand le bon moment ?

Jamais.

Suis-je prêt…?

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The departure is almost there … Am I ready? Can I really be ready for this kind of adventure? Hard to say, what does “be ready” mean anyways. I am so overwhelmed by the preparations that I did not even think about it. Instead, my head is lost in various hypothetical scenarios of bad luck that could happen. What do I do in places without electricity? Is the solar panel working? For how long? What if something breaks? How do you record African drums? And a tribe of twenty people who sing and dance at the same time? Am I too flashy? Am I credible? Am I good enough?

I don’t list them all, but I understand the importance of answering to as many question as possible. When it’s time to press the “record” button, it has to work right away, no time to think about technical stuff.

It’s the thrill of sensations. The disease of intensity.

It has been almost a year now since I started to plan this adventure. This is not my first (and far from the last I hope) and I realize that it will be very different from the others, as much as I was able to learn during my walk across Canada and during my three years in Montreal, I know I will learn as much during my six months in West Africa. Each step is a learning process, just on very different levels.

I have to prepare myself for the end of a chapter, much like I did for the walk across Canada, Compostela, each music album I wrote, the Youth Center, or even the Tim Horton Children’s Foundation. I look back at my work, noticing that I could have done better with certain decisions, but never regretting to have done each of them with as much intensity and passion as I could give.

By September 27, I will put a dot, press on enter, maybe twice, or even change the page, and start something else. I’m looking for the point of no return. The one of having enough money to live but not enough to return. By dint of doing adventures like this, you realize that everything is based on the balance between the person, the environment and the acceptance of his situation.

The difference is with every new beginning, there is more and more pages written behind the one you’re writing on, a baggage of hundred, see thousand, of pages filled with stories, lessons, people met, injuries, failures and victories, of sun and rain. Additional pages that will follow and guide you in different ways, in your every move.

Is a trip the same if we do it earlier in our lives? Or if we wait later? Or when we’re really ready? Probably not.

Will there be a better time to do it, a better age, a better season, a more favorable political climate? Probably, yes.

But why wait … Wait for world constantly changing so that it is ready to welcome us in the most favorable situations?

No thank you.

My person is also constantly changing. Many barriers have been broken in the last years but many more are created. Some kind of compensation or phenomenon of self-defense of the body to protect itself. So when is the right time?

Never.

Am I ready …?

 

Simon

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