L’emprunte de l’esclavage
Mon tout nouvel article dans Attic Collective intitulé “L’emprunte de l’esclavage”. Cliquez sur l’image!!
Attic Collective november 2011
Hey guys,
So here’s a side project I am part of with Attic Collective as a writer. Every week, I’ll be posting something I wrote, usually about the intensity of traveling, sometimes about other stuff. There are crazy awesome writers on this collective that you should discover and read now. This week, I’m talking about the loneliness on the road of Saskatchewan and there’s a contest to win tickets for a show in Quebec city with Pascale Picard Band and myself.
The Traveler And Love
Le voyageur ouvre son cœur et ne peut faire qu’autrement. Il aime avec intensité, sans y trouver la logique qui s’y trouve, il ne fait que ce que son cœur lui demande.
Le voyageur rencontrera cette personne, y voit sa beauté, ses yeux, ses formes, s’y laisse trainer et va lui parler. Une fois la conversation entamée, c’est son âme qu’il voit, la douceur de ses paroles et sa sincérité.
Perdus l’un et l’autre dans leurs regards, les 2 âmes s’entremêlent et se comprennent, se disant « mais où étais-tu passé? » Toute la nuit, ils partageront ces retrouvailles qu’ils attendaient depuis longtemps. Ils parlent et rient, dansent et se collent, profitent de chaque seconde, car ils savent que ce rêve ne peut être éternel.
L’un devra retourner au sein du rythme de la vie qu’il s’est donné, l’autre reprendra la route, voyant que leur temps n’était pas arrivé, l’amour de la route l’emporte sur la sédentarité.
Le combat continuera jusqu’à ce que le voyageur décide de s’établir ou quand l’autre âme l’accompagnera dans l’aventure, mais admettons tout de suite que cette deuxième éventualité est rare.
Le voyageur connait l’énoncé « l’éloignement rapproche », mais elle entre en vigueur seulement dans certains cas. Avec l’expérience, il a compris que celle qui reflète réellement la vie est « Loin des yeux, loin du cœur… »
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The traveler opens his heart and it cannot be otherwise. He loves intensely, without finding the logic in it; he does what his heart asks.
The traveler will meet that person, sees her beauty, her eyes, her curves, he lets himself be attracted and will talk to her. Once the conversation starts, he sees her soul, the sweetness of her words, and her sincerity.
Both lost in each other’s eyes, the two souls intertwine and understand, saying ”where have you been?” All night, they will share the reunion they have been waiting for. They talk and laugh, dance and embrace, enjoy every second because they know that this dream cannot be eternal.
One must go back in the rhythm of life he feels comfortable with; the other hits the road again, seeing that their time had not yet arrived, the love for the road outweighs a sedentary lifestyle.
The struggle will continue until the traveler decides to settle down or when the other soul will join him in the adventure, but admit right away that this second occasion is rare.
The traveler knows the phrase “distance only makes the heart grow fonder” but it comes into effect only in some very specific cases. With experience, he understood that the one that truly reflects life is ”out of sight, out of mind…”
The end of a chapter
Here I am, I crossed the finish line yesterday at 17.30, after so many adventures. But first, here’s what happened.
I left Halifax after a show at a club totally empty, but a very nice welcome though. 30 hours of transoirtation was waiting for me. A bus to North Sydney, ferry to Port aux Basques and another bus to Whitbourne, the point as close to Argentina that I could go. I lost so much weight that without my belt, my pants are down and the belt of my bag is too large to fit comfortably on me, my shoulders have almost all the weight of my bag.
The island is not called “The Rock” for nothing, rocks and forests out of sight. There I only have 90 km to my final destination and absolutely no service to feed me in between. So I filled my bag with stuff I found at the corner store and I begin. The road is solitary and leads me to an RV camping only, the owner offered me shelter in their community center on a small stage. Here, we received only the tip of Irene with a violent wind and intermittent rain.
I wake up early the next day and I continue on the road that seems endless. It seems like my eyes want to see the ocean at every turn, I test my patience. I finally arrived in St. John’s by the bay and see what I expected. I find a dock, as far as possible, put down my bag and half naked, I jump in the water, head first, wash all the pain accumulated since April 2010. This time I did not have the bells of Santiago to celebrate my coming, and no pilgrim to be welcomed. Instead, people here came to me to shake my hand and take pictures. It was a personal victory.
I can now turn the page of a chapter in my life, the one of “the time I crossed Canada on foot.” Words that seem powerful in my mouth, a force that I did not dare imagine.
Looking at the East Coast, I realize that in carrying out large projects, the goal is not the end but all these big and small life lessons that I learn that will make me, hopefully, a better person on earth.
The lessons are many, but one that most often comes to mind is that human beings are basically good, ready to help others, making our environment safe without being noticed. All those people who have been placed on my way have been able to act not as strangers but as friends and family members. With them, I did everything. I laughed, I cried, I prayed, I shared, in the most intense moments of my life. For some, I will just be that walker to whom they have given water, food, a hug, a bed, a smile, without a second thought, just to help. To me, all these people and not forgetting all those who encouraged me from home, made me believe in humanity, believe that human beings are capable, believe that we were thrown on this earth to reach out, believe that limits can be pushed when our heads and our hearts are in the right place, believe that there will always be impossible things but there are a lot less than what I thought.
I realize that despite all the successes, it’s the way that we get up after a defeat that make someone’s strength. This is not the one who is the fastest to get up but someone’s strenght to rise each time that makes him strong.
So many lessons, for which I created the character “The Traveler”.
I would like to thank you all for your support and above all for believing, as I did, in this adventure that I think is still crazy.
J’y suis, j’ai franchis la ligne d’arrivée, hier à 17h30, après tant d’aventures. Mais avant, voici ce qui s’est passé.
Je suis parti d’Halifax après un spectacle dans un club vide, mais d’un accueil fort sympathique. 30 heures de transport m’attendent. Un bus jusqu’à North Sydney, un traversier jusqu’à Port-aux-Basques et un autre bus jusqu’à Whitbourn, le point le plus prêt d’Argentina que je pouvais aller. J’ai tellement perdu de poid que sans ma ceinture, mes pantalons sont à terre et la ceinture de mon sac est trop grande pour qu’il soit confortable sur mon sac, mes épaules prennent presque tout le poid.
Ce n’est pas pour rien que l’île s’appelle “The Rock”, des rochers et des forêts à perte de vue. Il ne me reste que 90 km avant ma destination finale et absolument aucun service pour me nourrir entre les deux. Alors je remplis mon sac de ce que je trouve au dépanneur et je commence. La route est solitaire et me mène à un camping pour RV seulement, le proprio m’offre un toit dans leur centre communautaire sur un petit stage. Ici, nous avons reçu que la pointe de Irene avec des vnts violents et une fine pluie intermitente.
Je me réveille tôt le lendemain et je continue sur la route qui semble interminable. On dirait que mes yeux je veulent que voir l’océan à chaque détour, je teste ma patience à chaque virage. J’arrive finalement à St-John’s par le port et aperçois la baie que j’attendais. Il fallait que je souligne mon arrivé d’une façon quelconque. Je trouve un quai, le plus loin pissible, y dépose mon sac et à moitié nu, je saute dans l’eau, tête première, lavant toutes ces douleurs accumulées depuis avril 2010. Cette fois, je n’ai pas eu les cloches de Compostelle pour souligner mon arriver, ni aucun pèlerin pour se féliciter. Plutôt, des gens d’ici sont venus me voir en sortant de l’eau pour me serrer la main et prendre des photos. C’était une victoire personnelle et intétieur.
Je peux maintenant tourner la page d’un chapitre de ma vie, celui de “la fois que j’ai traversé le Canada à pied”. Des mots qui semblent puissants à la bouche, d’une force que je n’osais imaginer.
En regardant la côte Est, je me rends compte que dans l’accomplissement de gros projets, l’objectif n’est pas le point final mais toutes ces petites et grandes leçons de la vie que j’ai acquéris qui feront de moi, je l’espère, une meilleure personne sur terre.
Les leçons, elles sont nombreuses, mais celle qui me vient le plus souvent à l’esprit est que l’être humain est fondamentalement bon, prêt à aider son prochain, rendant notre environnement sécuritaire sans que l’on s’en aperçoive. Tous ces gens qui ont été placé su ma route ont agis non comme des étrangers mais des amis et des membres de la famille. Avec eux, j’ai tout fait. J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai prié, j’ai partagé, dans des moments les plus intenses de ma vie. Pour certains, je ne serai que le marcheur à qui ils ont donné de l’eau, de la nourriture, une accolade, un lit, un sourire, sans arrière pensée, seulement pour aider. À mes yeux, tous ces gens et sans oublier tous ceux qui m’ont encouragé de la maison, m’ont fait croire en l’humanité, croire que l’être humain est capable, croire que nous avons été jeté sur cette terre pour tendre la main, croire que les limtes peuvent se briser quand notre tête et notre coeur sont à la bonne place, croire qu’il y aura toujours certaines choses impossibles mais qu’il y en a beaucoup moins que ce que je pensais.
Je me rends comptes que malgré toutes les réussites, ce qui fait la force de quelqu’un, c’est de la façon qu’il se relève après une défaite. Ce n’est pas celui qui se relève le plus vite mais plutôt la force avec laquelle nous nous relevons à chaque fois qui font que quelqu’un est un être fort.
Tellement de leçon à retenir, d’où est venu la création du personnage “Le Voyageur”.
J’aimerais remercié chacun d’entre vous pour votre support et surtout d’avoir cru, autant que moi, en cette aventure qui me semble encore aujourd’hui complètement folle.
That little spark in Cape-Breton
My head, my body, my mind, but more importantly, my motivation, appear to have taken the right path. It took me three days off to finally find the spark that guided me through my misadventures. The show at the little bistro Alcove helped me a lot as a therapy. Even though there was not a lot of people, singing all my songs written on the road, these stories of lost travelers searching inside of them was exactly what I needed. Thank you very much for your warm welcome!
I leave in Antigonish, fragile but definitely ready to go to the end, no matter what. I owe my first steps to all of those who encouraged and supported me by your messages so touching that made me shed tears, not tears of despair but of beauty and brotherhood. With all my heart, thank you!
I begin to enter the region of Cape Breton. Mountains, forests and ocean. The last time I was overwhelmed by such beauty was in northern Ontario. I stop in Havre Boucher where people from the community center offer me a shower and their kitchen. The next day, at the corner store, I see a cyclist coming at me with bags overflowing everywhere. He was either a beginner who can’t travel light or a true traveler who goes long and far. He goes nothing less than around the world in three and a half years. A True traveler! While talking together, we realize that we have mutual friends in Montreal, Edith and Samuel, and my bassist Michel. What a small world.
60 kilometers of nothingness in front of me, I start my day with the news of the death of Jack Layton on the radio.
“Love is Better Than Anger, Hope is Better Than Fear, Optimism is better Than despair. So let us Be loving, hopeful and optimistic. And we’ll change the world”
These words gave me chills, a dose of courage came over me, an energy I needed for this day of endless road. In the evening, I knocked on a door for water and the family welcomes me inside for supper. I never been invited that often inside people’s house than in Nova Scotia.
One afternoon, an old man feed me, the next morning, another comes to bring me lunch directly on the road with a 2 liter of orange juice and glasses. His eyes were smiling kindness.
I cross a few Indian reserves, climb couple mountains of Cape Breton Island with views of what the province has the most beautiful to offer. I have to cross a bridge, no shoulder. Bicycles have the right of way but it’s prohibited for pedestrians. No discrimination against the walkers, I decided to cross the bridge of 1 km. There is hardly room for two trucks, with me in addition, the task became more dangerous. The worst happens …
A heavy truck in front of me, another behind, I cause a traffic jam in the middle of the bridge. the truck behind me has to stick to my speed all the way, no room to pass me. 5 minutes later, I pass a police. I almost got caught.
I get to North Sydney, exhausted by the 205 km in 4 days, just in time for my bus to Halifax. My friend Ross from Tim Horton’s Foundation welcomes me for the evening. I feel that the more you have experienced intensity and positive energy with someone, the less time you need to feel confortable with. When people stay authentic to themself, the time separation doesn’t count. Friendship is a beautiful thing. Ross, thank you.
I have a show tonight at Tribeca and I take the road tomorrow to Newfoundland. 30 hours of bus and ferry to Argentia, a journey that seems heavier than the walk of 133 km remaining.
So surely I will return on September 2. I can feel St. John’s from here. It’s hard to believe, less than a week and this project that I thought so crazy a year and a half ago will soon be something from the past …
Ma tête, mon corps, mon esprit, mais surtout, ma motivation, semblent avoir repris le droit le chemin. Il m’a fallu 3 jours de congé pour finalement retrouver la petite étincelle qui m’a, jusqu’ici, guidé à travers mes mésaventures de la traversée. Le spectacle au petit bistro Alcove m’a surtout aidé comme thérapie. Même s’il n’y avait presque personne, chanté toutes mes chansons composés sur la route, sur ces histoires de voyageur perdu et en recherche intérieur, était exactement ce qu’il me fallait. Merci beaucoup pour votre accueil!
Je repars de Antigonish, encore fragile mais décidément prêt à me rendre jusqu’au bout, coûte que coûte. Mes premiers, je les dois à tous ceux qui m’ont encouragé et supporté par vos messages si touchant qui m’ont fait verser des larmes, non des larmes de désespoir mais de beauté et fraternité. De tout mon coeur, merci!
Je commence à entrer dans la région du Cape-Breton. Montagnes, forêts et l’océan. La dernière fois que j’ai été submergé par une telle beauté était dans le nord de l’Ontario. Je m’arrête à Havre Boucher où des gens de la salle communautaire m’offre une douche et leur cuisine. Le lendemain, au dépanneur, je vois un cycliste arriver dans ma direction avec des bagages qui débordait partout. De loin, il était soi un amateur qui ne sait voyager léger ou bien un vrai voyageur qui s’en va longtemps et loin. Il se lance pour rien de moins qu’un tour du monde en 3 ans et demi. Un vrai! En parlant, on se rend compte que nous avons des amis commun à Montréal, Édith et Samuel, ainsi que Michel mon bassiste. Quelle petite planête.
60 kilomètres de néant devant moi, je me lance tête première avec la nouvelle de la mort de Jack Layton à la radio.
” Love is better than anger, Hope is better than fear, Optimism is better than despair. So let us be loving, hopeful and optimistic. And we’ll change the world”
Ces quelques mots m’en ont donné des frissons, une dose de courage m’envahit, une énergie que j’avais besoin pour cette journée de route interminable. Le soir, je cogne à une porte pour de l’eau et la famille m’accueille à l’intérieur pour me faire à souper. Jamais on ne m’avait autant invité à l’intérieur des maisons qu’en Nouvelle-Écosse.
Un après-midi, c’est autour d’un vieu monsieur de me nourrir, le lendemain matin, un autre vient me porter à déjeuner directement sur la route avec un 2 litres de jus d’orange et des verres. Ses yeux souriaient, quelle bonté.
Je traverse quelques réserves amérindiennes, monte quelques montagnes du Cape-Breton avec des vues sur tout ce qu’il y a de plus beau. Je dois traverser un pont, sans accotement. Les bycicles ont le droit de passage mais interdit aux piétons. Pas discrimination envers les marcheurs, je décide de traverser quand même le pont de 1 kilomètre. Il y a à peine de la place pour deux camion, avec moi en plus, la tâche devenait plutôt dangereuse. Le pire arrive… Un camion de marchandise devant moi, un autre derrière, je cause un bouchon de circulation en plein milieu du pont, le camion derrière doit s’en tenir à ma vitesse et attendre pour dépasser. 5 minutes plus tard, je croise une police. Je me suis presque fait pincé.
J’arrive à North Sydney, épuisé par les 205 kilomètres marché en 4 jours, juste à temps pour mon autobus pour Halifax. C’est mon ami Ross de la fondation Tim Horton’s qui m’accueille pour la soirée. J’ai l’impression que plus nous avons vécu de l’intensité et une belle énergid avec quelqu’un, moins nous avons besoin de temps pour se réapprivoiser. Plus les gens restent authentiques, moins le temps de séparation compte. L’amitié est une bien belle chose. Ross, merci.
J’ai un spectacle ce soir au Tribeca et je reprends la route demain pour Terre-Neuve. 30 heures d’autobus et de traversier jusqu’à Argentia, un trajet qui me semble encore plus lourd que de marcher les 133 kilomètres restant.
Je reviendrai donc sûrement le 2 septembre. Je peux sentir St-John’s d’ici. C’est dure d’y croire, moins d’une semaine et ce projet que je croyais tellement fou il y a un an et demi sera bientôt chose du passé…
The Traveler and the emptiness
The traveler knows that the emptiness is the moment when he must face all that he has left behind to find himself where he is. All these people and this love he can not hug, a feeling that moved slowly in the form of regret, the impulsivity breaks him down and before he saw his feet going over the edge, he is already fallen. A black hole that seems hopeless, people trying to reach out for him but he seems not to be able to see them. His compass is confused, his senses are scrambling, he is no longer able to distinguish the feelings that the pain is associated with.
Before each departure to a new adventure that will push his limits, the traveler knows that this beast follows him, it awaits the moment when the traveler’s mind shines less, that his mood will sink slowly to the bottom of a river and that his eyes have lost their color. He apprehends, even if he does not see it. It’s the wall that he must hit, the obstacle that he will, sooner or later, have to fight with tears and wisdom.
The traveler has learned his lessons and knows that no one is safe. He then kisses the void, this intensity, in order to understand the depth of his discomfort. The traveler stops, takes a break, the meditation fight must begin: to know his fear before continuing, to kill this beast and take back his confidence.
The traveler knows all that, but quickly forgets. This may be his desire to experience every moment to the core of his journey, or his need to always dig deeper inside of his soul, sometimes going too far. Maybe it’s his innocence of life.
The traveler sits down and lets the time goes by. He tries new treats to take back his taste for life.
Le voyageur sait que le vide est le moment où il doit faire face à tout ce qu’il a laissé derrière pour se retrouver où il est. Tous ces gens et cette amour qu’il ne peut serrer dans ses bras, le sentiment s’installe doucement sous forme de regret, l’impulsion le fait craquer et sans même qu’il aille vu ses pieds au bord du gouffre, il est déjà tombé. Un trou noir qui semble sans issue, des perches lui sont lancées mais faut-il encore qu’il soit capable de les voir. Sa boussole s’embrouille, ses sens se bousculent, il n’est plus capable de distinguer les sentiments aux douleurs qui s’y associent.
Avant chaque départ vers une nouvelle aventure qui repoussera ses limites, le voyageur sait que cette bête noire le suit, qu’elle attend le moment où l’esprit du voyageur brillera moins, que son moral coulera lentement au fond d’un fleuve, que ses yeux auront perdu leur couleur. Il l’appréhende, s’en méfit, même s’il ne la voit pas. C’est le mur qu’il doit frapper, l’obstacle qu’il faudra tôt ou tard affronter à coup de larmes et de sagesse.
Le voyageur a appris ses leçons et sait que personne n’est à l’habris. Il embrasse alors le vide, s’en impreigne de toute son intensité pour y comprendre la profondeur de son malaise. Le voyageur s’arrête, prend une pause, le combat méditatif doit commencer: connaître sa peur avant de poursuivre, tuer cette bête et reprendre la confiance qu’il lui appartient.
Le voyageur sait tout ça mais oublie assez vite. C’est peut-être son désir de vouloir ressentir jusqu’à la moëlle chaque instant de son voyage, ou encore son besoin de toujours creuser plus loin à l’intérieur de son âme, parfois en allant trop loin. Peut-être sinon son innocence et son incompréhension de la vie.
Le voyageur s’assoit et laisse le temps passer. Il goûte à de nouvelles douceurs pour se réapproprier son goût à la vie.
Major breakdown, tears and intensity
After 9 months of walking, I just went through the greatest test I’ve faced in my travel and I’m just starting to recover. Let’s start from the beginning …
I leave Moncton after the flood, the landscape is flat and there is almost nothing, often leaving me only with myself in a desolate scenery. I finally arrived at the Confederation Bridge to PEI and I have to call someone to come pick me up, it’s forbidden to walk on the bridge … The nights begin to cool down and wake me up often during the night. I walk a path that ultimately made me make a detour of 15 km to Charlottetown but I see my first potato field, the symbol of the island. A group of volunteers greet me with pizza and watermelon. The next day, the ladies at a little cafe in Hunter River paid me lunch. Thank you:)
Apres plus de 9 mois de marche, je viens de traverser la plus grande épreuve que j’ai du affronter au courant que ma marche et je commence tout juste à remonter la pente. Commençons du début…
Je pars de Moncton après l’innondation, le paysage est plat et il n’y a pratiquement rien, souvent me laissant à moi-même dans un décors désolé. J’arrive finalement au pont de la confédération pour PEI et je dois appeler quelqu’un pour qu’ils viennent me cherche, c’est interdit de marcher sur le pont… Les nuits commencent à refroidir et me réveille quelques fois durant la nuit. Je parcours un sentier qui finalement me fait faire un détour de 15 km vers Charlottetown mais je vois mes premiers champs de patate, le symbole de l’île. Un groupe de bénévole m’accueille avec de la pizza et du melon d’eau. Le lendemain, ce sont les dames d’un petit café à Hunter River qui me payent le déjeuner. Merci
:)
I arrived in Charlottetown, where my friend Tina was waiting for me with a steak on the BBQ, beer and a warm bed. Tina, Guy, thank you from the bottom of my heart. You gave me the best welcome that a walker could receive.
My friend Veronica joined me on the island for a few days. The company of someone is always good, especially Veronica. Every day, she smiles, facing each event in the simplest happiness. We meet a couple from Vermont who built a small house, minimalist but with everything a person needs to be happy. A meeting that I will long remember.
The mosquitoes are voracious and follow us even in the rain, I always want to know how Vero endures all things without complaining, I knew she was strong but it surprises me at every step. We take a swim, salt on the lips, using a small fishing boat as a platform. Despite the mosquitoes, I think that happiness must not be too far away. The air is fresh and the pace of life is so slow.
We let the silence walk with us to come together. These questions marked me most:
- Ok, if you had to choose between going to the moon for 10 seconds or travel to Europe with $ 5,000, what would you choose? Let’s say a scientist invents a machine to see your dreams on TV but the only way to see them is to watch them with your closest friends, would you do it?
Questions that seem absurd but mean so much. We take the ferry to Nova Scotia. The sea, the wind, I feel I’m in a movie scene and it seems that life has never been so beautiful, my walking partner is in peace, her eyes sparkling with freedom. She’s beautiful.
We spent our last morning in the port of Pictou admiring the sailling boats, a dream that we both thought for a long time. Vero leaves and all of a sudden, my heart drop. I collapse on the steps of a B & B, my face filled with tears, stunned by the road. I am overcome by fear and emptiness, I pick up despite the little strength I have left to put my bag on my back and continue. I have to, I must reach Antigonish in less than two days for a show. The tears continue to flow and I feel completely confused of what is happening.
A deep sense of loneliness came over me, it is especially strange to feel mentally lost after so many kilometers. The only way I found is to empty my water bottle on the ground and knock on a door, I need a human contact. A man greets me and invites me for a beer, which I eventually end up drunk to drown my pain, just what a close friend would’ve done for me.
I arrive in New Glasgow, my emotions on edge, still fragile from the confusion. I make some calls to people I truly trust, thank you for listening to me with my words that seemed to make no sense.
St. John’s seems far, too far and I no longer feel the strength to continue, the first ideas to give up crossed my mind and I think about it seriously. “At least, I tried …” I tell myself. But it’s the quote from Lance Armstrong that my father told me that gave me a little boost to finish my day. “Suffering last some time abandoning is forever.” I find a room and try to sleep. I feel that I’m about to break but I know that tomorrow I have 60 km ahead of me, can not rest now.
I still made it through the day, stopping only 20 minutes in total, when I walk, my head spins less and I do not have vertigo but when I stop, the world turns and I’m afraid of not being able to get up again. Now in Antigonish, my mother sends me a message telling me that a room is waiting for me for two days to give me a mental break. My mother is the best.
With some hindsights, I now understand a little better my emotional breakdown. All this intensity that I swallowed, 7000 km, a winter of recording, I now see the end coming. When my brother left, I swallowed the nostalgia that came over me, wanting to believe that I strong. Now with all this intensity sharing with Vero, I cracked. I wanted to be a machine but the human being that I am got ahead, I never felt as broken as this in all my travels, facing the person I am with my qualities but mostly my faults.
I am currently on break to put my head on the right track before I could fall into an endless depression. I have great difficulty explaining exactly what happened, but I can tell you that I hit a wall, an obstacle I had expected before leaving but I did not think I would have been this deep.
Thank you for reading and your support, it’s hard to believe but I only have 2 weeks left …
J’arrive à Charlottetown, où mon amie Tina m’attendait pour un steak sur le BBQ, de la bière et un bon lit chaud. Tina, Guy, merci du fond du coeur. Vous m’avez donner le meilleur accueil qu’un marcheur pourrait recevoir.
Mon amie Véro est ensuite venue me rejoindre sur l’île pour quelques jours de marche. La compagnie en marchant me fait toujours un bien énorme, surtout Véro. Tous les jours, elle sourit, affrontant chaque épreuve dans le plus simple bonheur. Nous rencontrons un couple du Vermont qui se sont construits une petite maison, minimaliste mais avec tout ce qu’une personne a besoin pour être heureux. Une rencontre que je me souviendrai longtemps.
Les moustiques sont voraces et nous suivent même dans la pluie, j’ai toujours de la misère à croire comment Véro endure tout, sans se plaindre, je savais qu’elle était forte mais elle me surprant à chaque pas. Nous profitons de la mer pour nous baigner, du sel aux lèvres, utilisant un petit bâteau de pêche comme quai. Malgré les moustiques, je me dis que le bonheur absolut ne doit pas être très loin. L’air est fraiche et le rythme de vie est tellement lent.
Nous profitons du silence pour se rapprocher et nous faisons la conversation pour se divertir. Ces questions me marquent surtout:
- Ok, si tu avais à chosir entre aller sur la lune pendant 10 secondes ou voyager en Europe un mois de temps avec 5000$, tu choisis quoi? Disons qu’un scientifique invente une machine pour voir tes rêves à la télé mais que la seule façon de les voir c’est de les regarder avec les personnes les plus proches de toi, tu le ferais?
Des questions qui semblent absurdes mais qui veulent tout dire. Nous prenons le traversier vers la Nouvelle-Écosse. La mer, le vent, je me sens dans une scène de film et il me semble que rien n’a jamais été aussi beau, ma compagne de marche semble en paix, ses yeux pétillants de liberté.
Nous avons passé notre dernier matin sur le port de Pictou à admirer les voilliers, un rêve que nous convoitons tous les deux depuis longtemps. Je vois partir Véro pour son autobus et j’ai tout d’un coup le coeur qui se serre. Je m’effondre sur les marches d’un B&B, le visage remplit de larme, étourdit par la route. Je me sens envahi par la peur et le vide, je ramasse malgré le peu de force qui me reste pour mettre mon sac sur le dos et continuer, il le faut, je dois atteindre Antigonish en moins de 2 jours pour un spectacle. Les larmes continuent de couler et je me sens complètement confu de ce qui m’arrive.
Un sentiment de solitude profond m’envahit, c’est surtout étrange de se sentir perdu mentalement après autant de kilomètre parcouru. Le seul moyen que je trouve est de vider ma bouteille d’eau par terre et de cogner à une porte, j’ai besoin d’un contact humain. Un homme m’accueille et m’invite pour une bière, qui finit finalement par me saoûler pour noyer ma peine, exactement ce qu’un ami aurait pour moi.
J’arrive à New Glasgow, les émotions à fleur de peau, encore fragile par la confusion qui s’est apparée de moi. Je fais quelques appels, merci à vous et de m’avoir écouté dans mes paroles qui semblaient n’avoir aucun sens.
St-John’s semble loin, trop loin et je ne sens plus la force m’accompagner pour continuer, les premières idées d’abandon me traverse l’esprit et j’y pense sérieusement. “Au-moins, j’aurais essayé…” je me dis. Mais c’est la citation de Lance Armstrong que mon père me dit qui me donne un petit boost pour terminer ma journée. “Souffrir dure un temps, abandonner c’est pour toujours”. Je trouve une chambre et essaie de dormir. Je me sens à bout mais je sais que demain, j’ai 60 km qui m’attendent, impossible de me reposer maintenant.
Je fais la journée en m’arrêtant que 20 minutes au total, quand je marche, ma tête tourne moins et je n’ai pas de vertige, quand j’arrête, le monde tourne et j’ai peur de ne plus être capable de repartir. Maintenant à Antigonish, ma mère m’envoie un message pour me dire qu’une chambre m’attend pour 2 jours pour me donner une pause mentale. Ma mère c’est la meilleure.
Avec le peu de recule que j’ai maintenant, je comprends un peu mieux mon breakdown émotionel. Toute cette intensité que j’ai ravalé, 7000 km et un hiver d’enregistrement, je vois maintenant la fin arriver. Quand mon frère est parti, j’ai avalé la nostalgie qui m’a envahit, voulant me croire plus fort. Maintenant, avec toute cette intensité partager avec Véro, j’ai craqué. J’ai voulu être une machine mais l’être humain m’a rattrapé, jamais je ne me suis sentis autant brisé interieurement en voyage, face à la personne que je suis, avec mes qualités mais surtout mes défauts.
Je suis présentement en pause pour remettre ma tête sur la bonne voie avant de tombé dans une dépression sans fin. J’ai beaucoup de difficulté à expliquer exactement ce qui s’est passé, mais je peux vous dire que j’ai frappé un mur, un obstacle que j’attendais avant de partir mais que je ne pensais pas atteindre aussi profondément.
Merci de votre lecture et de vos encouragements, c’est dure à croire mais il ne me reste que 2 semaines…
Entrevue avec DansTesOreilles.TV
Voici le lien pour une très belle entrevue avec danstesoreilles.tv, la plus complète que j’ai eu le plaisir de faire avec Fanny Cormier Beaulieu. Tout sur la tournée et la profondeur du nouvel album Klein Blue. En deux parties!
http://www.danstesoreilles.tv/2011/08/simon-walls-l’integral-premiere-partie/
Here’s the link to a french interview I did with DansTesOreilles.tv aboutthe walk and the new album Klein Blue. A must read!
The Musician And The Language
For the musician, music is a medium, a tool he uses to turn his eyes inward and open doors to the outside world, it’s a language he owns.
It is a language that he perfected, even polished, every day to make it more sensitive and adapt it as closely as possible to himself. Just like spelling and diction, he makes mistakes and like all the world’s languages, he is judged to see which one is really the best.
Which one is really the best? The musician knows, like languages, each music has its qualities, its perfections but also its utility.
Alone, on stage, he closes his eyes and lets his body speaks for him. Pinching of the strings goes to the heart, the vibration of vocal cords is created. The language is transmitted.
He returnes home and inventes new words, creates other grammatical forms, sometimes without adding sounds of another language. He talks the music language.
Pour le musicien, la musique est un médium, un outil qu’il utilise pour river ses yeux vers l’intérieur et ouvrir ses portes au monde extérieur, c’est une langue qui lui est propre.
C’est un langage qu’il perfectionne, pôlie même, à tous les jours pour la rendre plus sensible et l’adapter le mieux possible à lui-même. Comme l’orthographe et la diction, il fait des erreurs et comme toutes les langues du monde, il se fait juger pour savoir laquelle est vraiment la meilleure.
Laquelle est la meilleure? Le musicien sait que, comme les langues, chaque musique a ses qualités, ses perfections et ses défaults mais surtout ses utilités.
Seul, sur la scène, il se ferme les yeux et laisse son corps parler pour lui. Le pincement des cordes lui monte au coeur, la vibration de ses cordes vocales se crée. Le langage est transmis.
Il retourne chez lui et invente de nouveaux mots, crée d’autres formules grammaticales, parfois sans même y ajouter des sons d’une autre langue. Il parle sa musique, en toute simplicité.





































