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Le changement des générations

Apr 10, 2012   //   by Simonsays   //   Blog  //  No Comments

24 décembre 2011

Je fais la file à la Société des Alcools du Québec. L’énergie du réveillon est dans l’air, ça se sent, les gens ne veulent pas perde leur place et minimisent l’espace entre eux. Plus de 2 ans que je n’ai pas vu mon grand-père, j’ai choisi un bon vin pour l’évènement annuel familial que j’ai manqué l’année passée. Le téléphone sonne. C’est mon père.

“Simon… Il n’y aura pas de réveillon cette année…”

Grand-papa est décédé. En pleine préparation pour accueillir la famille, son cerveau s’est rempli de sang, il a figé sur son fauteuil, figé dans le temps, figé dans notre mémoire.

C’est mon tour, le caissier me regarde. “Ce sera tout?” Peut-être, je ne sais pas trop. Du vin c’est assez? La musique semble s’être arrêtée, je n’entends plus personne parlé. Peut-être que ce genre d’émotion se fait ressentir par le simple regard qui me traverse la figure. Je ne lui réponds pas, je tends un billet en détournant ses yeux, de peur qu’il puisse lire ce qui se cache dans le mien.

……

Je ne me rappelle pas la dernière fois que j’ai vu ces murs blancs, absolument rien de réconfortant. La famille est enfermée dans un petit local essayant de comprendre en vain les explications du docteur. Il est mort sur le coup et n’a rien senti. C’est tout ce qu’il y a à comprendre et finalement, c’est tout ce que nous voulons savoir. Personne ici ne s’attendait à une telle réunion dans un environnement aussi démoralisant.

La marche pour se rendre à son lit est un calvaire, quelques malades sur leur lit en train de déguster ce que l’hôpital pouvait leur offrir de mieux comme repas de célébration. Ils me regardent, le visage vide, me disant: “Au-moins tu es avec ta famille, toi…”

Des tubes entrent et sortent de son corps, quelques fils reliés à des machines, tout pour que sa respiration artificielle soit le plus naturelle possible. Malgré toutes les apparences, il est mort. Sa peau est encore chaude, tout pour laisser croire qu’il n’est que dans un profond sommeil. Chacun notre tour, nous approchons, touchant délicatement son front de la paume de notre main et récoltant le dernier souvenir qui laissera l’emprunte final dans notre mémoire si difficile à gérer.

Mon père est en larme, dans mes bras, faisant ce que je retiens depuis le début. C’est ici que l’image me frappe. Réunis dans cette petite chambre d’hôpital, la vie nous rassemble, sous sa beauté et son déroulement. Dans le lit se trouve le père de celui qui est dans mes bras, et qu’un jour, je serai à sa place, dans les bras de celui qui sera mon enfant, regardant  la mort en pleine figure, me disant que dans l’ordre logique de la chose, je serai le prochain, peut-être.

C’est certain… Les générations changent mais la vie reste la même, notre rôle ne fait que changer dans la liste.

L’enfant, l’adulte et le vieux

L’introduction, le déroulement et la conclusion

La naissance, la vie et la mort

Ainsi va la vie

Simon

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Le génocide lent

Mar 1, 2012   //   by Simonsays   //   Blog  //  No Comments

Mon ami Christ est de passage à Montréal après un contrat pour l’organisme Katimavik à Chisasibi et m’a tout conté en détails. La réalité des peuples autochtones, leur culture en péril et surtout, leur questionnement sur leur mode de vie. Une réelle vague de dépression passe au milieu de leurs âmes. J’ai moi-même pu le constater de mes propres yeux durant ma traversée du Canada.

Le dossier de sept pages sur les Inuits dans La Presse de samedi passé m’a bien confirmé toutes ces histoires que Christ essayait de me faire comprendre.

Cette suite d’évènements m’ont fait ramener en arrière, de quelques années seulement. Je suis en Gaspésie, je viens de traverser une partie de la route des Appalaches et j’arrive juste à temps au bout de l’est québécois pour célébrer le 475ème anniversaire de l’arrivée du premier colon.

Il y a 475 ans, Jaques Cartier était le « premier » à mettre les pieds sur les terres qui sont maintenant les « nôtres ».  Je suis aux côtés de Jeanne et Richard, deux français venus sillonner les routes du Québec, pour assister au grand spectacle. Les artistes défilent les uns après les autres suivis d’une animation qui nous donneras un cours d’histoire.

Au début, la Terre. De l’eau et des continents. Ensuite, des bateaux, tous se dirigent vers le « nouveau continent ». Mais oups… Il y a déjà du monde. On échange des miroirs et des pognés de main, une belle harmonie règne dans cet univers de colonisation. Mes deux français ont tout gobé l’histoire. « Ça finit bien », me disent-ils.

La seule façon d’éviter de devenir étrangers à nous-mêmes est d’assumer plus sereinement notre passé. Une phrase écrite par Éric Bédard que j’ai retrouvé dans la chronique « En finir avec la Grande Noirceur » par Richard Martineau, bien que celle-ci était citée pour éveiller un côté plus lumineux de notre histoire. J’en compris le contraire.

Cette petite animation à omis un grand bout. En fait, le plus important à mon avis. Montrer l’arrivée de nouvelles colonies est une bien belle chose, sûrement la plus belle histoire de voyage qu’aucun explorateur n’aura la chance de vivre. La façon que la colonisation s’est faite par contre, est une toute autre histoire. Les meurtres, les viols, les bains de sang, deux cultures qui s’entrechoquent, rien à voir avec cette petite animation tous âges pour rendre les gens de Gaspé bien fiers de leur petit coin de pays.

C’est l’histoire, c’est comme ça. Mais ne penser pas que ce massacre est bel et bien terminé aujourd’hui, l’animation s’est arrêté beaucoup trop tôt dans ce qui me semblait être un vulgaire conte de fée. 475 ans plus tard et nous pouvons toujours voir le déclin tranquille de leur culture, et cette fois, je m’en sens bien responsable. Nous sommes des gens civilisés, cultivés, stratégiques par le fait même, et nous savons comment anéantir un peuple sans l’utilisation d’armes et sans que personne n’y accorde la moindre attention.

Imaginez-vous que des gens habitent vos terres, VOTRE terre, VOTRE pays que vous avez construient, ne parle pas votre langue, et n’ont aucune intention de l’apprendre d’ailleurs. Finalement, la majorité l’emporte, des lois se font voter pour que l’autre culture en tir avantage, on prend de moins en moins compte de votre culture, on vous répète que le monde s’en fou de plus en plus et l’esprit collectif s’envole en même temps. Ça ne vous rappelle pas une petite histoire? Celle des canadiens-français peut-être?

Mathieu Bock-Côté dit dans son livre que nous sommes dans une phase de questionnement. Le questionnement de nos valeurs, de nous-mêmes, de ce que nous valons vraiment comme société. Qui sommes-nous finalement? Je me trouve exactement à cet embranchement. Faut-il renforcer nos valeurs au détriment d’une autre? À quel prix?

On m’a toujours dit que pour prendre un bon recul, il faut faire un pas en arrière et regarder le portrait complet. Pas seulement une partie du tableau, celle qui nous rend le plus fier, mais l’ensemble plutôt. Les bons coups ET les mauvais. J’aimerais vraiment continuer de penser que j’habite sur des terres qui m’appartiennent ou qui m’appartiendront un jour, mais ce n’est pas mon cas. Avant nous, il y avait du monde. Participer à un génocide d’un peuple c’est aussi accepter qu’un jour, ce sera notre tour.

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L’échange parfait pour un voyage parfait

Feb 27, 2012   //   by Simonsays   //   Blog  //  No Comments

Les premiers pas sont faits. Un vieux plancher de bois franc recouvre la scène, gommant de bière, il suffit de se fier à l’odeur pour savoir ce qui s’est passé ici. Je me tiens exactement au même endroit qu’une centaine, ou milliers peut-être, de musicien qui ont fait leur preuve et montrer ce qu’ils avaient dans le ventre. Je suis l’un d’eux, un de plus qui signera sa marque avec ce qui sort de sa bouche. Si peu d’entre eux peuvent dire qu’ils peuvent vivre de leur passion, j’espère seulement faire partie de ces rares exceptions.

La nervosité arrive. Il paraît que c’est bon signe. Les plus grands vous le diront, le jour que nous ne sommes plus nerveux avant un spectacle, la routine est embarquée. Nous en avons besoin comme essence, une source d’énergie qui nous fait pousser nos cordes au maximum, un sentiment que nous ne nous habituons jamais complètement.

Un silence s’installe dans le public, comme dans ma tête d’ailleurs, le stresse a mit son ancre. Quelques feuilles sont dispersées sur le côté de la scène rappelant l’ordre des chansons d’artistes précédents qui ont foulé les mêmes planches que mes pieds. Ce soir je n’ai pas ma liste, j’y vais à l’aveuglette, sentir le pouls du public et jouer l’ambiance qu’ils veulent. Commencer rythmé est souvent la façon idéale pour faire passer le courant vers le public. Le premier couplet est passé et je le sens, c’est exactement ce qu’ils veulent entendre. Le ruisseau a fait son chemin vers le fleuve, bientôt il atteindra la mer.

L’anxiété a toujours son ancre au milieu de mon havre de chanson. Un flot de pensée s’incruste au milieu  de l’une d’elles. Quelle sera la suivante? Est-ce que l’ordre suivra bien? Quelle est la prochaine ligne que je dois chanter déjà? Est-ce l’émotion adéquate? Est-elle bien interprétée? Voient-ils mon inconfort, que je pense à tout sauf à l’histoire du texte récité? Quelques accords me donnent un répit de parole, un pas en arrière et je me secoue. Je regarde les planches et pense à tous ceux qui se sont cassés la gueule au même endroit où je me situe.

Ce ne sera pas mon cas, ni ici, ni ailleurs. J’enchaine les mélodies en ligne, le courant coule toujours à bonne vitesse, même en ralentissant le tempo, le public semble suivre le rythme du bateau qui les mènera au port.

L’horizon approche, la dernière chanson est entamée et le phare est en vu. Les vagues de la rive se font sentir dans le mouvement des accords jusqu’à ce que nous touchions le sable. Nous sommes toujours au même endroit mais à des kilomètres d’ici en même temps, ils se sont laissés guider par la confiance et le respect qu’ils m’ont accordé, une chance qui ne m’est pas donné tous les soirs.

Ce soir, c’était l’échange parfait pour un voyage parfait.

Dieu et les mathématiques

Feb 27, 2012   //   by Simonsays   //   Blog  //  No Comments

J’ai commencé à croire en Dieu après avoir lu une formule mathématique.

Je suis perdu sur le chemin de Compostelle. Pas physiquement, il y a ces flèches jaunes partout pour montrer le droit chemin aux touristes vers l’illumination. C’est ma tête, elle n’est plus dans la course. Le paysage y est minable, les gens m’écœurent, tous en train de courir pour avoir un lit dans la prochaine auberge. La spiritualité que j’avais tant contemplée dans Le Pèlerin de Compostelle de Paolo Coelho est maintenant démolie par la folie humaine de tout voir avant de mourir, sans profondeur et sans temps réel. Les touristes.

Je suis l’un d’eux. Et je m’écœure.

L’auberge est pleine, la journée a été longue. Je suis fatigué et je ne suis plus sûre de vouloir continuer. Encore trois semaines dans cet enfer. Xavier entre plus tard que les autres, je ne l’ai jamais vu sur la route encore. Nos regards se croisent et quelque chose que je ne peux définir se passe.

« Veux-tu aller prendre une bière? » La phrase m’est venue naturellement, je ne lui ai même pas dit bonjour, mais peu m’importait à ce stade. La connexion est immédiate, la vie nous a fait croiser nos chemins pour une raison, et il faut découvrir pourquoi.

1ère bière

Il est australien et sa vie m’est racontée, plus j’ai l’étrange impression de le connaitre depuis longtemps. Il y a ces gens que nous rencontrons, où tout est naturel, comme si nous avions partagé le même biberon à notre enfance, ou nous avions trouvé ensemble notre première revue porno. Ces gens qui ont une connexion directe avec nous et qui nous font tellement penser à quelqu’un de la maison par sa façon de penser et d’agir. Ces gens arrivent toujours à un moment où nous en avons besoin.

2ème bière

Nos histoires de voyage comble l’espace entre nous, et je finis par lui avouer que le chemin ne m’intéresse plus, c’est loin de ce à quoi je m’attendais. Je rêvais de montagnes et d’océans, de solitude et d’intensité, quand tout ce que je voyais était une foule pressée et des décors désertiques. Xavier me comprend. Il ouvrit son sac et y chercha un bout de papier qui me glissa lentement sur la table. Je peux y lire : I travel, not to go anywhere, but to go. I travel for travel’s sake. Une citation de Robert Louis Stevenson.

3ème bière

Je comprends pourquoi la vie a mis Xavier sur ma route, il me fallait faire un changement. Après tout, ce chemin est le mien et je déciderai bien ce que je veux en faire. Je couru à la station d’autobus pour acheter un billet; direction le nord de l’Espagne, une autre route moins fréquenté s’y trouve où, d’après Xavier, je pourrai y trouver exactement mon bonheur.

La soirée passe et nous allons déjeuner le lendemain, profiter de notre rencontre et en apprendre le plus possible avant de quitter chacun pour une direction opposée. Il est encore tôt, et pourtant, nous nous regardons et savons exactement ce que nous allons commander.

4ème bière

*****

Couché sur la plage, je regarde l’horizon de l’océan et les montagnes encore enneigées, je lis un livre abandonné par un pèlerin, trouvant son poids possiblement trop élevé pour tout ce qu’il avait déjà à trainer. Un livre sur la Tao, et la réponse de tout ce qui venait de ce passer avec Xavier et du pourquoi je me suis mis les fesses sur un banc de bus y était imprimé, tout simplement noir sur blanc.

Dieu = La vie

J’ai commencé à croire en Dieu après avoir lu une formule mathématique, un synonyme comme un autre. Je me rends compte que j’y croyais depuis plus longtemps que je pensais, sans vraiment le savoir…

Page, pourquoi est-ce que je joue de la musique?

Dec 1, 2011   //   by Simonsays   //   Blog  //  No Comments

L’emprunte de l’esclavage

Nov 17, 2011   //   by Simonsays   //   Blog  //  No Comments

Mon tout nouvel article dans Attic Collective intitulé “L’emprunte de l’esclavage”. Cliquez sur l’image!!

Attic Collective november 2011

Nov 10, 2011   //   by Simonsays   //   Blog  //  No Comments

Hey guys,

So here’s a side project I am part of with Attic Collective as a writer. Every week, I’ll be posting something I wrote, usually about the intensity of traveling, sometimes about other stuff. There are crazy awesome writers on this collective that you should discover and read now. This week, I’m talking about the loneliness on the road of Saskatchewan and there’s a contest to win tickets for a show in Quebec city with Pascale Picard Band and myself.

 

The Traveler And Love

Sep 9, 2011   //   by Simonsays   //   Blog  //  No Comments

Le voyageur ouvre son cœur et ne peut faire qu’autrement. Il aime avec intensité, sans y trouver la logique qui s’y trouve, il ne fait que ce que son cœur lui demande.

Le voyageur rencontrera cette personne, y voit sa beauté, ses yeux, ses formes, s’y laisse trainer et va lui parler. Une fois la conversation entamée, c’est son âme qu’il voit, la douceur de ses paroles et sa sincérité.

Perdus l’un et l’autre dans leurs regards, les 2 âmes s’entremêlent et se comprennent, se disant « mais où étais-tu passé? » Toute la nuit, ils partageront ces retrouvailles qu’ils attendaient depuis longtemps. Ils parlent et rient, dansent et se collent, profitent de chaque seconde, car ils savent que ce rêve ne peut être éternel.

L’un devra retourner au sein du rythme de la vie qu’il s’est donné, l’autre reprendra la route, voyant que leur temps n’était pas arrivé, l’amour de la route l’emporte sur la sédentarité.

Le combat continuera jusqu’à ce que le voyageur décide de s’établir ou quand l’autre âme l’accompagnera dans l’aventure, mais admettons tout de suite que cette deuxième éventualité est rare.

Le voyageur connait l’énoncé « l’éloignement rapproche », mais elle entre en vigueur seulement dans certains cas. Avec l’expérience, il a compris que celle qui reflète réellement la vie est « Loin des yeux, loin du cœur… »

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The traveler opens his heart and it cannot be otherwise. He loves intensely, without finding the logic in it; he does what his heart asks.

The traveler will meet that person, sees her beauty, her eyes, her curves, he lets himself be attracted and will talk to her. Once the conversation starts, he sees her soul, the sweetness of her words, and her sincerity.

Both lost in each other’s eyes, the two souls intertwine and understand, saying ”where have you been?” All night, they will share the reunion they have been waiting for. They talk and laugh, dance and embrace, enjoy every second because they know that this dream cannot be eternal.

One must go back in the rhythm of life he feels comfortable with; the other hits the road again, seeing that their time had not yet arrived, the love for the road outweighs a sedentary lifestyle.

The struggle will continue until the traveler decides to settle down or when the other soul will join him in the adventure, but admit right away that this second occasion is rare.

The traveler knows the phrase “distance only makes the heart grow fonder” but it comes into effect only in some very specific cases. With experience, he understood that the one that truly reflects life is ”out of sight, out of mind…”

The end of a chapter

Aug 31, 2011   //   by Simonsays   //   Blog  //  No Comments

Here I am, I crossed the finish line yesterday at 17.30, after so many adventures. But first, here’s what happened.
I left Halifax after a show at a club totally empty, but a very nice welcome though. 30 hours of transoirtation was waiting for me. A bus to North Sydney, ferry to Port aux Basques and another bus to Whitbourne, the point as close to Argentina that I could go. I lost so much weight that without my belt, my pants are down and the belt of my bag is too large to fit comfortably on me, my shoulders have almost all the weight of my bag.
The island is not called “The Rock” for nothing, rocks and forests out of sight. There I only have 90 km to my final destination and absolutely no service to feed me in between. So I filled my bag with stuff I found at the corner store and I begin. The road is solitary and leads me to an RV camping only, the owner offered me shelter in their community center on a small stage. Here, we received only the tip of Irene with a violent wind and intermittent rain.
I wake up early the next day and I continue on the road that seems endless. It seems like my eyes want to see the ocean at every turn, I test my patience. I finally arrived in St. John’s by the bay and see what I expected. I find a dock, as far as possible, put down my bag and half naked, I jump in the water, head first, wash all the pain accumulated since April 2010. This time I did not have the bells of Santiago to celebrate my coming, and no pilgrim to be welcomed. Instead, people here came to me to shake my hand and take pictures. It was a personal victory.
I can now turn the page of a chapter in my life, the one of “the time I crossed Canada on foot.” Words that seem powerful in my mouth, a force that I did not dare imagine.
Looking at the East Coast, I realize that in carrying out large projects, the goal is not the end but all these big and small life lessons that I learn that will make me, hopefully, a better person on earth.
The lessons are many, but one that most often comes to mind is that human beings are basically good, ready to help others, making our environment safe without being noticed. All those people who have been placed on my way have been able to act not as strangers but as friends and family members. With them, I did everything. I laughed, I cried, I prayed, I shared, in the most intense moments of my life. For some, I will just be that walker to whom they have given water, food, a hug, a bed, a smile, without a second thought, just to help. To me, all these people and not forgetting all those who encouraged me from home, made me believe in humanity, believe that human beings are capable, believe that we were thrown on this earth to reach out, believe that limits can be pushed when our heads and our hearts are in the right place, believe that there will always be impossible things but there are a lot less than what I thought.
I realize that despite all the successes, it’s the way that we get up after a defeat that make someone’s strength. This is not the one who is the fastest to get up but someone’s strenght to rise each time that makes him strong.
So many lessons, for which I created the character “The Traveler”.
I would like to thank you all for your support and above all for believing, as I did, in this adventure that I think is still crazy.

J’y suis, j’ai franchis la ligne d’arrivée, hier à 17h30, après tant d’aventures. Mais avant, voici ce qui s’est passé.
Je suis parti d’Halifax après un spectacle dans un club vide, mais d’un accueil fort sympathique. 30 heures de transport m’attendent. Un bus jusqu’à North Sydney, un traversier jusqu’à Port-aux-Basques et un autre bus jusqu’à Whitbourn, le point le plus prêt d’Argentina que je pouvais aller. J’ai tellement perdu de poid que sans ma ceinture, mes pantalons sont à terre et la ceinture de mon sac est trop grande pour qu’il soit confortable sur mon sac, mes épaules prennent presque tout le poid.
Ce n’est pas pour rien que l’île s’appelle “The Rock”, des rochers et des forêts à perte de vue. Il ne me reste que 90 km avant ma destination finale et absolument aucun service pour me nourrir entre les deux. Alors je remplis mon sac de ce que je trouve au dépanneur et je commence. La route est solitaire et me mène à un camping pour RV seulement, le proprio m’offre un toit dans leur centre communautaire sur un petit stage. Ici, nous avons reçu que la pointe de Irene avec des vnts violents et une fine pluie intermitente.
Je me réveille tôt le lendemain et je continue sur la route qui semble interminable. On dirait que mes yeux je veulent que voir l’océan à chaque détour, je teste ma patience à chaque virage. J’arrive finalement à St-John’s par le port et aperçois la baie que j’attendais. Il fallait que je souligne mon arrivé d’une façon quelconque. Je trouve un quai, le plus loin pissible, y dépose mon sac et à moitié nu, je saute dans l’eau, tête première, lavant toutes ces douleurs accumulées depuis avril 2010. Cette fois, je n’ai pas eu les cloches de Compostelle pour souligner mon arriver, ni aucun pèlerin pour se féliciter. Plutôt, des gens d’ici sont venus me voir en sortant de l’eau pour me serrer la main et prendre des photos. C’était une victoire personnelle et intétieur.
Je peux maintenant tourner la page d’un chapitre de ma vie, celui de “la fois que j’ai traversé le Canada à pied”. Des mots qui semblent puissants à la bouche, d’une force que je n’osais imaginer.
En regardant la côte Est, je me rends compte que dans l’accomplissement de gros projets, l’objectif n’est pas le point final mais toutes ces petites et grandes leçons de la vie que j’ai acquéris qui feront de moi, je l’espère, une meilleure personne sur terre.
Les leçons, elles sont nombreuses, mais celle qui me vient le plus souvent à l’esprit est que l’être humain est fondamentalement bon, prêt à aider son prochain, rendant notre environnement sécuritaire sans que l’on s’en aperçoive. Tous ces gens qui ont été placé su ma route ont agis non comme des étrangers mais des amis et des membres de la famille. Avec eux, j’ai tout fait. J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai prié, j’ai partagé, dans des moments les plus intenses de ma vie. Pour certains, je ne serai que le marcheur à qui ils ont donné de l’eau, de la nourriture, une accolade, un lit, un sourire, sans arrière pensée, seulement pour aider. À mes yeux, tous ces gens et sans oublier tous ceux qui m’ont encouragé de la maison, m’ont fait croire en l’humanité, croire que l’être humain est capable, croire que nous avons été jeté sur cette terre pour tendre la main, croire que les limtes peuvent se briser quand notre tête et notre coeur sont à la bonne place, croire qu’il y aura toujours certaines choses impossibles mais qu’il y en a beaucoup moins que ce que je pensais.
Je me rends comptes que malgré toutes les réussites, ce qui fait la force de quelqu’un, c’est de la façon qu’il se relève après une défaite. Ce n’est pas celui qui se relève le plus vite mais plutôt la force avec laquelle nous nous relevons à chaque fois qui font que quelqu’un est un être fort.
Tellement de leçon à retenir, d’où est venu la création du personnage “Le Voyageur”.
J’aimerais remercié chacun d’entre vous pour votre support et surtout d’avoir cru, autant que moi, en cette aventure qui me semble encore aujourd’hui complètement folle.

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That little spark in Cape-Breton

Aug 26, 2011   //   by Simonsays   //   Blog  //  No Comments

My head, my body, my mind, but more importantly, my motivation, appear to have taken the right path. It took me three days off to finally find the spark that guided me through my misadventures. The show at the little bistro Alcove helped me a lot as a therapy. Even though there was not a lot of people, singing all my songs written on the road, these stories of lost travelers searching inside of them was exactly what I needed. Thank you very much for your warm welcome!
I leave in Antigonish, fragile but definitely ready to go to the end, no matter what. I owe my first steps to all of those who encouraged and supported me by your messages so touching that made me shed tears, not tears of despair but of beauty and brotherhood. With all my heart, thank you!
I begin to enter the region of Cape Breton. Mountains, forests and ocean. The last time I was overwhelmed by such beauty was in northern Ontario. I stop in Havre Boucher where people from the community center offer me a shower and their kitchen. The next day, at the corner store, I see a cyclist coming at me with bags overflowing everywhere. He was either a beginner who can’t travel light or a true traveler who goes long and far. He goes nothing less than around the world in three and a half years. A True traveler! While talking together, we realize that we have mutual friends in Montreal, Edith and Samuel, and my bassist Michel. What a small world.
60 kilometers of nothingness in front of me, I start my day with the news of the death of Jack Layton on the radio.
“Love is Better Than Anger, Hope is Better Than Fear, Optimism is better Than despair. So let us Be loving, hopeful and optimistic. And we’ll change the world”
These words gave me chills, a dose of courage came over me, an energy I needed for this day of endless road. In the evening, I knocked on a door for water and the family welcomes me inside for supper. I never been invited that often inside people’s house than in Nova Scotia.
One afternoon, an old man feed me, the next morning, another comes to bring me lunch directly on the road with a 2 liter of orange juice and glasses. His eyes were smiling kindness.
I cross a few Indian reserves, climb couple mountains of Cape Breton Island with views of what the province has the most beautiful to offer. I have to cross a bridge, no shoulder. Bicycles have the right of way but it’s prohibited for pedestrians. No discrimination against the walkers, I decided to cross the bridge of 1 km. There is hardly room for two trucks, with me in addition, the task became more dangerous. The worst happens …
A heavy truck in front of me, another behind, I cause a traffic jam in the middle of the bridge. the truck behind me has to stick to my speed all the way, no room to pass me. 5 minutes later, I pass a police. I almost got caught.
I get to North Sydney, exhausted by the 205 km in 4 days, just in time for my bus to Halifax. My friend Ross from Tim Horton’s Foundation welcomes me for the evening. I feel that the more you have experienced intensity and positive energy with someone, the less time you need to feel confortable with. When people stay authentic to themself, the time separation doesn’t count. Friendship is a beautiful thing. Ross, thank you.
I have a show tonight at Tribeca and I take the road tomorrow to Newfoundland. 30 hours of bus and ferry to Argentia, a journey that seems heavier than the walk of 133 km remaining.
So surely I will return on September 2. I can feel St. John’s from here. It’s hard to believe, less than a week and this project that I thought so crazy a year and a half ago will soon be something from the past …

Ma tête, mon corps, mon esprit, mais surtout, ma motivation, semblent avoir repris le droit le chemin. Il m’a fallu 3 jours de congé pour finalement retrouver la petite étincelle qui m’a, jusqu’ici, guidé à travers mes mésaventures de la traversée. Le spectacle au petit bistro Alcove m’a surtout aidé comme thérapie. Même s’il n’y avait presque personne, chanté toutes mes chansons composés sur la route, sur ces histoires de voyageur perdu et en recherche intérieur, était exactement ce qu’il me fallait. Merci beaucoup pour votre accueil!
Je repars de Antigonish, encore fragile mais décidément prêt à me rendre jusqu’au bout, coûte que coûte. Mes premiers, je les dois à tous ceux qui m’ont encouragé et supporté par vos messages si touchant qui m’ont fait verser des larmes, non des larmes de désespoir mais de beauté et fraternité. De tout mon coeur, merci!
Je commence à entrer dans la région du Cape-Breton. Montagnes, forêts et l’océan. La dernière fois que j’ai été submergé par une telle beauté était dans le nord de l’Ontario. Je m’arrête à Havre Boucher où des gens de la salle communautaire m’offre une douche et leur cuisine. Le lendemain, au dépanneur, je vois un cycliste arriver dans ma direction avec des bagages qui débordait partout. De loin, il était soi un amateur qui ne sait voyager léger ou bien un vrai voyageur qui s’en va longtemps et loin. Il se lance pour rien de moins qu’un tour du monde en 3 ans et demi. Un vrai! En parlant, on se rend compte que nous avons des amis commun à Montréal, Édith et Samuel, ainsi que Michel mon bassiste. Quelle petite planête.
60 kilomètres de néant devant moi, je me lance tête première avec la nouvelle de la mort de Jack Layton à la radio.
” Love is better than anger, Hope is better than fear, Optimism is better than despair. So let us be loving, hopeful and optimistic. And we’ll change the world”
Ces quelques mots m’en ont donné des frissons, une dose de courage m’envahit, une énergie que j’avais besoin pour cette journée de route interminable. Le soir, je cogne à une porte pour de l’eau et la famille m’accueille à l’intérieur pour me faire à souper. Jamais on ne m’avait autant invité à l’intérieur des maisons qu’en Nouvelle-Écosse.
Un après-midi, c’est autour d’un vieu monsieur de me nourrir, le lendemain matin, un autre vient me porter à déjeuner directement sur la route avec un 2 litres de jus d’orange et des verres. Ses yeux souriaient, quelle bonté.
Je traverse quelques réserves amérindiennes, monte quelques montagnes du Cape-Breton avec des vues sur tout ce qu’il y a de plus beau. Je dois traverser un pont, sans accotement. Les bycicles ont le droit de passage mais interdit aux piétons. Pas discrimination envers les marcheurs, je décide de traverser quand même le pont de 1 kilomètre. Il y a à peine de la place pour deux camion, avec moi en plus, la tâche devenait plutôt dangereuse. Le pire arrive… Un camion de marchandise devant moi, un autre derrière, je cause un bouchon de circulation en plein milieu du pont, le camion derrière doit s’en tenir à ma vitesse et attendre pour dépasser. 5 minutes plus tard, je croise une police. Je me suis presque fait pincé.
J’arrive à North Sydney, épuisé par les 205 kilomètres marché en 4 jours, juste à temps pour mon autobus pour Halifax. C’est mon ami Ross de la fondation Tim Horton’s qui m’accueille pour la soirée. J’ai l’impression que plus nous avons vécu de l’intensité et une belle énergid avec quelqu’un, moins nous avons besoin de temps pour se réapprivoiser. Plus les gens restent authentiques, moins le temps de séparation compte. L’amitié est une bien belle chose. Ross, merci.
J’ai un spectacle ce soir au Tribeca et je reprends la route demain pour Terre-Neuve. 30 heures d’autobus et de traversier jusqu’à Argentia, un trajet qui me semble encore plus lourd que de marcher les 133 kilomètres restant.
Je reviendrai donc sûrement le 2 septembre. Je peux sentir St-John’s d’ici. C’est dure d’y croire, moins d’une semaine et ce projet que je croyais tellement fou il y a un an et demi sera bientôt chose du passé…

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